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lundi 29 décembre 2008

La réalité de la réalité ou appeler un chat un chat

Quand on prend un peu le temps de le regarder, le monde est franchement mal foutu.

Là, ça pète sur Gaza, l'autre jour en Guinée, bon, on pourrait faire une longue liste de conflits sans fin...

Gaza, bombardé avec le soutien des milliards américains et le silence canadien. Une situation sans issu entretenue depuis plus d'un demi-siècle...

Enfin, sort une nouvelle intéressante aussi aujourd'hui sur Cyberpresse sur l'implication du Canada en Afghanistan: 18,5 milliards canadiens dépensés dans une guerre aussi douteuse que celle contre l'Irak pour tenter d'installer un pouvoir moins anti-américain que les Talibans. Allez m'expliquer ce que peut faire le Canada dans ce merdier entretenu par les Américains pour servir ses intérêts dans l'industrie des armes. Quand la force multinationale a sur les mains le sang des centaines de milliers de morts que génèrent sa présence dans le moyen-orient dans les années récentes, on peut quasiment parler de complicité génocidaire si l'on n'a pas peur de mots.

Pendant ce temps, nous vivons dans un pays libre et démocratique, vous dites... L'opinion canadienne me semble loin d'être favorable à la participation canadienne à ces oeuvres hautement contestables au plan de la morale. Et nous payons le bill... pendant que nous recevons toujours moins un service de qualité des institutions que notre État a le devoir, selon le contrat social, d'honorer. C'est sa contre-partie au pouvoir de prélever des impôts et de taxer. Non?

Essayez de ne pas payer vos impôts par objection de conscience, pour voir l'étendu de sa liberté est une proposition pratique qu'on pourrait tenter de tester!

En ce moment, Internet foisonne de ces polémiqueurs qui offrent des images frappantes de la réalité dans laquelle nous vivons. Hier, par hasard je suis tombé sur ce drôle d'illuminé de Toronto (freedomainradio.com) qui définit l'État d'une manière fort étrange: le droit exclusif d'user de violence contre les populations... C'est drôle, il y a de ces images frappantes qui des fois réveillent un peu!

Je trouve cette vidéo sur le problème de la définition du mot terrorisme particulièrement propice à dissoudre l'illusion ou la matrice de pensée dans laquelle nous baignons... comme un poisson qui soudain voit l'eau dans laquelle il nage. Bon, c'est en anglais...




Pertes de vie imputées à l'impérialisme américain: Imaginez un 9/11 tous les jours pendant 25 ans...

dimanche 21 décembre 2008

Pics du nez enneigés! Joyeuses fêtes!

Paradoxes!



La neige continue de tomber dans l'hémisphère nord, même si la banquise de l'Arctique recule toujours...












Le prix de l'essence diminue, mais... le pic pétrolier approche: 2020 selon l'AIG (Agence Internationnale de l'Énergie. Et nous sommes en retard technologique pour y faire face, 20 ans de transition systémique pour l'économie mondiale, évalue-t-on... On est pas sorti de l'auberge!




C'est le temps des pères et des mères Noël, de l'avalanche des cadeaux ou de l'effet domino des Blackberry, alors qu'on s'enfonce dans la grande dépression des années 2000!

Paul Jorion, anthropologue et économiste, qui travaillait entre 2005 et 2007 dans les lieux mêmes du délire optimiste créateur de subprimes, nous donne une belle image de l'avenir:"Une image forte, c’est 1929. Souvent on me demande : « Est-ce que ça va être comme en 29 ? » Je dois leur dire qu’on est parti pour quelque chose de beaucoup plus sérieux que ça. A l’époque la bourse était le reflet d’une certaine réalité physique. Ce qui est beaucoup moins le cas aujourd’hui. Les effets sont démultipliés. Souvent c’est quand je dis que ça va être pire qu’en 29 qu’on me censure !"

On va suivre cela en HD!

Joyeux temps des fêtes à tous quand même!


jeudi 18 décembre 2008

La simplicité involontaire

En ce moment, les économistes et les analystes financiers font leur bilan et essaient de nous expliquer ce qui se passe. Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'après l'euphorie, on déchante.

Pourtant au milieu de cette gigantesque bulle d'optimisme créé par la révolution informatique que nous avons vu dans les années 2000, il y a eu pourtant beaucoup d'observateurs qui régulièrement tentaient de nous avertir de l'imminence d'une méga-crise. Ils étaient ridiculisés par des économistes majoritairement optimistes. Paul Dontigny, un analyste des affaires.com nous parle des prédictions qu'il faisait à la veille de l'an 2000.

Il nous explique en même temps ce qui s'est passé, avec beaucoup de retard finalement, car plutôt que de laisser aller l'économie au début des années 2000 vers une récession qui aurait dû permettre à l'économie de faire le ménage des ballons vides, la FED a saupoudré les crédits à qui mieux mieux créant les conditions de toujours plus de spéculations.

Son analyse est intéressante et ce concept de simplicité involontaire aussi:


L'utopie éco-économique (Contradictions modernes)

Consommer, consommer

On le voit bien en ce moment: le consommateur n'est pas au rendez-vous de la consommation autant qu'il le devrait. Le crédit largement distribué pour nous faire consommer ses dernières années arrivent en bout de logique. Toutes les spéculations sur l'efficacité de cette stimulation sans fin de la consommation se sont effondrées. On a pas fait le calcul ou on a pas voulu voir qu'un beau jour le "payé demain" allait collectivement nous rattraper et nous faire arrêter de consommer. Et c'est le grand drame.

Et l'environnement?

Mais comment concilier notre prise de conscience collective environnementale avec la nécessité pour le système économique de consommer et même surconsommer pour faire tourner la roue vitale. Pour avoir l'argent qui nous permet de vivre, il faut participer à la production de biens et de services toujours croissants. Si nous arrêtons de consommer, la machine s'enraye et c'est un peu ce qui se passe en ce moment. Je me propose ici d'examiner la complexité de la machine à produire humaine face au enjeu écologique.

Lire le texte complet

mardi 16 décembre 2008

Crise financière: documentaire

J'ai trouvé un documentaire sur youtube posté récemment produit par ARTE France qui explique le phénomène des bulles financières depuis les années 1990 jusqu'à nos jours.

On découvre en fait que la spéculation sur l'activité économique est devenue un moteur du développement où il faut toujours trouver de nouveaux investisseurs. Tout le système financier carbure à la spéculation qui s'étage jusqu'au délire. Toute une gamme de produits financiers a connu ainsi un essor sans précédant dans l'histoire. On comprend que finalement placer de l'argent est un "gambling" de par sa nature même qui en rapportant créé toujours et toujours plus de confiance et attire son aliment: de nouveaux investisseurs jusqu'au moment où la réalité rattrape la bulle et tout s'effondre.

Chaque effondrement créé un immense siphon dans le système financier qui créé une panique et une perte de confiance des investisseurs. Pour sauver les meubles, car la finance est le moteur de l'économie, les états doivent ramasser régulièrement la déconfiture de procédés plus ou moins honnêtes que tout le monde veut, car est bien ancrée l'idée que l'on peut faire de l'argent facile avec de l'argent quand on en a. Cette idée et ce désir est a la source de toutes les bulles et procédés frauduleux payants qui se développent pour répondre à cette demande irréaliste... Jugez par vous-mêmes, ce reportage est en 6 parties.



Alors la question qui se pose qu'elle sera la nouvelle bulle, la nouvelle cible des systèmes financiers? Si nous n'assistons pas simplement à l'écroulement de la confiance en ce système... Enfin, on comprend que si l'on a besoin d'argent pour développer et alimenter la machine économique, les marges de profits de ces machines à faire de l'argent en jouant sur la crédulité et les subtilités d'un système sont finalement payées par tout le monde un jour ou l'autre.

Bref, la pensée rigoureuse se perd dans la complexité au profit de la pensée magique...

lundi 15 décembre 2008

L'affaire Madoff

On en entend parler et on va continuer d'en entendre parler... Et il y a probablement bien d'autres affaires Madoff à venir...

Voilà qui commence à relativiser notre rêve conditionné de souhaiter faire un jour de l'argent avec notre argent. La liste des gens floués par ce rêve s'allonge par les temps qui courent!

J'ai trouvé une petite analyse instructive, sur un blog que je fréquente depuis quelques jours, sur cette affaire.

samedi 13 décembre 2008

Truc de blogueur!

Vous trouverez une nouvelle fonctionnalité sur ce blogue: lire le texte au complet (read more). Comme j'aime écrire, parfois mes textes s'étirent.

Après avoir gossé longtemps sans succès à essayer de jouer dans le modèle et le code htlm compliqué pour faire ce que d'autres blogues font en m'inspirant de méthodes diverses, j'ai eu cette petite idée simple.

J'explique ici comment ça marche: lire plus!

vendredi 12 décembre 2008

La jeunesse d'Europe désenchantée

On peut tranquillement voir sortir des analyses pour expliquer ce qui se passe en Grèce.

On y découvre une jeunesse souvent surqualifiée qui a étudié beaucoup pour se retrouver avec des emplois sous-payés avec des diplômes tout à fait inutiles. Le phénomène Tanguy est fort dans le sud de l'Europe.

On parle d'un clivage entre l'école et les entreprises.

Dans certain pays comme le Danemark, les jeunes s'en sortent mieux, on les autonomise par rapport à leur famille et le lien entre les universités et les milieux du travail est favorisé.

Ici, la réforme tient le discours idéaliste entretenant ce genre de clivage.

Article intéressant

La Californie doit sacrifier des fonds budgetés pour l'éducation pour payer des dettes

Les temps sont dures! Va-t-on voir ce genre d'annonce bientôt au Québec?

Lire la dépêche

jeudi 11 décembre 2008

Analyse de la situation de la Grande-Bretagne en Crise


Tiens, ce matin je tombe sur cette analyse de Robert Peston, journaliste économique à la BBC, qui donne son analyse de la situation - plutôt sombre - du Royaume Uni. La situation qu'il décrit nous dépeint aussi, enfin je crois.

En passant ce site Contre Info est franchement une mine pour saisir les subtilités du monde moderne. Dans les filets d'informations, il est rare de pouvoirs comprendre comment fonctionne ce système qui se casse la figure! Je vous recommande les synthèses régulières de ContreInfo: les Radar qui sont publiés toutes les semaines, c'est intéressant.

Vous avez des dettes vous?

L'argent dette: un petit film intéressant

Il y a une semaine, j'ai vu ce film qui explique la création de l'argent. Bon, je vous préviens tout de suite, c'est emballé dans une sauce conspirationniste, mais on peut lire ici une critique qui vous aidera à remettre en perspective ce film.

L'air de rien, c'est une question intéressante: comment l'argent est-il créé? Vous serez surpris.
Ce n'est pas les dépôts qui permettent le crédit, mais le contraire: le crédit crée les dépôts.

Les films proposant des théories de complots , je m'en suis rendu compte, ont cet avantage d'attirer notre attention et d'aiguiser un besoin de comprendre. Enfin, sur moi, ils ont cet effet. Ils démontrent quand même que l'opacité du monde a de quoi nous faire paranoïer. Enfin, Internet avec ses nombreuses communautés d'échanges d'idées nous permet d'approcher après quelques recherches de la vérité. J'imagine que certains profs futés s'en servent pour aiguiser la curiosité de leurs élèves.

Pour commencer à comprendre ce qui se passe dans notre monde en crise financière qui devient récession, c'est donc un bon début!


Version complète du film L'argent dette de Paul Grignon

mercredi 10 décembre 2008

Je n'ai pas voté... pour cela il faut croire!

Depuis longtemps, je ne vote plus.

Nos médias hier se demandaient pourquoi justement les gens ne se donnent même plus la peine de se déplacer pour voter.

Je ne sais pas pour les autres, mais moi, je ne crois pas que cet acte de nos jours ait un sens. Paradoxalement, c'est le fait d'être éduqué, d'être capable d'observer la scène politique avec un esprit critique, qui me mène au boycott de la démocratie.

Lire le texte au complet

mardi 25 novembre 2008

Méthodes d'apprentissage de la lecture dans le champ (ou le fond du problème?) - curieux silence! - version révisée et augmentée


Québec-Science a publié un dossier vraiment intéressant sur les méthodes d'apprentissage de la lecture inefficaces que nous utilisons au Québec, vous étiez au courant?

Bon, je suis loin du Québec, et il ne m'est pas possible de prendre le pouls complet du dossier, mais bon on peut s'en donner une idée ici et surtout ici.

En faisant une recherche, on se rend compte que tout un mouvement critique de l'approche globale, mixte et idéovisuelle inventée dans les années 70 ("whole language") existe dans les pays anglophones et surtout en France du côté francophone. Cette mouvance s'appuie sur une documentation scientifique reposant sur des études comparatives et longitudinales et aussi sur les avancées des neurosciences. L'approche globale tend de plus en plus à être abandonnée partout alors qu'au Québec il y a un silence complet sur la question.

Lire plus

Quand l'argent pousse dans les arbres...

Je me pose des questions.

Plan Paulson: 700 milliards pour renflouer les banques...

Là, Obama et sa nouvelle équipe parle d'un plan de relance de 7 à 800 milliards en plus.

A combien se monte le déficit américain? plus de 10 trillions de dollars...

Est-ce la firme de crédit Moodys (de mémoire) qui voulait nous décôter dans les années 90 et qui, en passant a fait entre autre changer bien des choses dans le système éducatif au Québec parce qu'il fallait atteindre coûte que coûte le déficit 0, est-ce que cette firme donc rappelle à l'ordre le géant américain?

Qui passe l'argent? Ou au nom de quoi un pays peut-il créer de l'argent? Qui contrôle tout cela?

Si c'est si facile d'inventer de l'argent, pourquoi nous fait-on suer avec cette crise bidon?

Si Chrysler, GM et Ford ont produit des chars qu'on a pas besoin, pourquoi faut-il que des fonds publics les sauvent?

On a déjà 2-3-4 chars par ménage, c'est pas assez?

Tout cela pour sauver 1 millions de jobs inutiles... Ok, c'est du monde, je comprends, mais si on a pas besoin de chars de plus...

On délocalise des entreprises et on en subventionne d'autres qui produisent rien d'utile... On veut éponger la situation en récoltant de l'argent dans des arbres...

C'est déci-dément toute une science l'économie!

mercredi 2 juillet 2008

Sortir du carré... ou Chaque femme est un roman d'Alexandre Jardin

A bientôt, chers lecteurs

Jonathan


Vous connaissez sûrement ce petit problème:


. . .
. . .
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Il faut relier ses 9 points avec 4 droites sans lever le crayon...

En lisant Chaque femme est un roman, j'ai retouvé le souffle amusant de cet écrivain. Il y dépeint plein de personnages colorés nés de sa réalité déformante épris de la même passion : 'échapper à la monotonie de la vie programmée des "normaux". J'ai franchement savouré ce roman en forme de peinture ou de portraits saisissants de caractères originaux.

Sortir du cadre, réinventer sa vie, trouver une nouvelle façon de voir, échapper à la contrainte apprise, ne pas s'enliser dans la tranquillité, la fixité et la mort... Romancer, compter une histoire pour faire changement, au lieu de se radoter, radeauter, rade oté, rat doté ou rade au thé de jasmin pour créer et réécrire l'histoire cent fois entendu par soi-même Chaque seconde compte dans la vie, on ne la revivra pas deux fois. Oser être, oser expérimenter, oser faire différent, oser l'ombre comme le sublime... Je suis l'ombre et la lumière...


Jonathan, jo n'attends, jaune à temps Living-stone, Pierre vivante qui s'envole explorer ce qu'il n'est pas encore...

Sortir du carré, sortir du carré qui emmure, tel est la solution de ce problème et la solution de bien des problèmes. Changer la perspective disait le messie récalcitrant de Richard Bach". Braver la peur et accepter l'humiliation, l'erreur, la perte...

Le voyage... pour se perdre et se retouver, pour se dépayser, et ouvrir ses horizons...

Je suis à Montréal dépaysé par 10 mois d'absence, tout est différent, tout se goûte de nouveau puisque la réalité est plus dans le regard que dans les choses elle-même, quand le regard change, la réalité sécrète autre chose... Faire du regard neuf...

Au (quel) bonheur de s'engueuler! Battre la chamade qui tient en vie... FAIRE DE L'AUTOSTOP AVEC UN PANNEAU "TOUTES DIRECTIONS"!!!!!!!!

Bonjour chers lecteurs,


N.B. L'emploi du masculin est sciemment utilisé pour faire souffrir ceux qui en ont besoin.


mardi 10 juin 2008

Mon catillinaire: Vaseuses évaluations, je les emmerde...

Bon, juste des petites observations. J'ai un peu parfois beaucoup de mal avec les plan d'intervention qui permettent tout et de plus en plus n'importe quoi aux élèves en difficulté.

En plus du tiers du temps, des correcteurs automatiques sur les ordis et des dictionnaires électroniques, ne voilà t'y pas qu'ils peuvent avoir leur texte d'avance pour préparer leur compréhension de texte.

Je vais voir le TS responsable des plans d'intervention, parce qu'une élève revendique son texte. Quand doit-on le donner? Ben, tu peux leur donner tout de suite. - Heu, comme ça... - Ben oui... - C'est que bon, si nos charmants privilégiés montrent le texte au copain, je ne sais pas, ça peut comme peut-être tsé brûler le matériel... - Ok, on va voir. Attend. Solution: appelle les parents, on mets le texte dans enveloppe cachetée à n'ouvrir qu'à la maison... -Hum, hum... Bon, le processus est sauf, j'imagine. J'ai quand même beaucoup de mal avec la petite dont le chum est dans la même classe...

Bref, bonjour les évaluations bien sérieuses.

En passant, je pense à cette évaluation du MELS qui donne un chapitre des Catilinaires d'une charmante et spéciale auteure de chez nous à lire avec un pré-questionnaire pour préparer la compréhension de texte du MELS. Fabuleux, pourquoi ne pas leur donner l'examen à faire à la maison tout de suite? On s'emmerderait moins...

Bon, il y a la petite aussi qui me revendique son 1/3 de temps pour un contrôle sur un roman fait jeudi. Comme elle va le faire dans l'isolement (autre mesure particulière), je la perds de vue, car j'ai comme d'autres chats à fouetter. Je réalise cette semaine qu'elle n'avait pas fini... Alors je me dis bon je lui laisse faire les questions de la dernière page qu'elle n'a pas rempli, mais le reste quand même, pourquoi aurait-elle le droit de lire les questions, de les travailler avec son bouquin un weekend et d'ensuite venir boucher les trous...? Bref, elle me fait une scène; je lui explique, intransigeant.

Terminé, ben non, le TS débarque en plein cours, me faire le discours des plans et des droits, des t'aurait dû... (ouin j'aurais dû emmener mon détecteur de connards, j'aurais pu fermer la porte à double tour...). Autre emmerde, j'ai pas le reste de la copie avec moi. Je lui exprime mon point. Où est la limite, un moment donné à l'aide? ET je finis par lui dire, j'ai un cours à donner et je vais aller lui chercher le reste de la copie, et il fera bien ce qu'il veut avec, mais bon je ne suis pas d'accord par principe avec ce qu'il veut laisser faire. J'étais fâché, sans compter que merde mon cours attend, un dernier cours de l'année avant l'examen de fin d'année avec un groupe que j'ai pas trop la chance de voir cette semaine en plus...

On revient: le TS a réfléchi, il prend mon avis: je permets à la petite de répondre à la question vacante et de corriger des fautes mais pas de changer des réponses déjà données.

Le pire dans tout ça, c'est que je devrais toujours prévoir tout un truc que je ne peux pas gérer et qui se passe sur un autre étage chez un ts. Je le sais t'y moi si elle va avoir besoin de temps pour finir, on ne peut pas s'occuper de lui faire faire tout de suite son temps supplémentaire si elle en a besoin. Sinon, c'est viciée comme évaluation...

Bon, voilà c'est dit, je les emmerde ces emmerdeurs avec leurs mesures spéciales gérés par des gens qui ne sont pas profs, qui n'ont aucune conscience de ce qu'est d'avoir le souci de la rigueur dans l'évaluation, de ce qu'est la réalité de brûler un matériel au plan de l'intégrité de l'évaluation, qui croit qu'un jeune de 15 ans va choisir l'honnêteté avant la fidélité aux amis.

L'éducation devient vraiment n'importe quoi.

Quand l'évaluation n'aura aucun sens tellement elle sera pervertie, l'enjeu d'apprentissage n'existera plus vraiment et l'école deviendra vraiment un endroit où l'on fait du temps comme en prison parce que peu importe ce qu'on y fait, on sort avec un diplôme de merde ou merdique.

mardi 3 juin 2008

Échecs et maths...2

Juste ajouter que 64 élèves se pointent au cours de mise à niveau en maths, soit bien plus du tiers des élèves de sec.3 de l'école...

Quelque chose ne tourne pas rond quelque part dans la circonférence du Mels...

samedi 24 mai 2008

Échecs et maths...

Le ministère a intégré des contenus de sec.5 et de sec.4 au programme de 3 en maths.

J'observe toujours. Je fréquente une école privée, pas celle des bolles du coins, ici les jeunes sont sélectionnées sur la base de leur habiletés sociales et dans les langues et les arts: ici il y a 3 langues enseignées, des options en art dramatique, etc.

Hier, la directrice vient en classe... pendant mon cours de français. Petit message: on va offrir un cours de mise à niveau en math sec.3 à l'école: 3 samedis, 3h le matin, 3h pm pour les élèves en difficulté en maths... Dans le préambule aux élèves: on a mis du contenu de sec. 5 et de sec. 4 dans le menu du sec. 3 (c'est ce qui peut expliquer les difficultés de plusieurs; sous-entendu), plusieurs ont besoin d'appui.

Petites jases avec les élèves un peu plus tard:

- Ils croient leur prof de math incompétent (bon, ce n'est pas nouveau)
- Ils trouvent qu'ils n'aident pas assez les élèves qui ont de la difficulté (ils ne sont pas en classe spéciale, le régulier c'est trop souvent une logique du nombre, pas celle du soutien individualisé, même le ministère ne comprend pas ça...)
- La plupart, en plus de payer (enfin leur parent) pour être au privé, ont en plus un tuteur privé justement pour les aider en mathématiques.

Bref, c'est un peu le bordel.

En rapport avec cela: il y a 2-3 semaines, j'ai jasé avec le collègue de ce petit changement au programme: combinatoire et probabilité intégré en secondaire 3. Son commentaire: "A quoi pense-t-on au Ministère?" Les jeunes n'ont pas ce qu'il faut intellectuellement pour faire face à ces difficultés. Il se souvenait que de son temps, on voyait ses notions à un niveau Cégep.

Bon, j'avais observé dans l'école publique cet hiver cette évaluation délirante tendance nouvelle.

Bref, sur le terrain, j'entends parler des collègues de délire ministériel, je vois qu'on offre des cours en weekend pour de la mise à niveau, dit-on, et on parle aux élèves justement de cette nouvelle difficulté. Tentative désespéré de colmater une situation d'échecs envisagés pour trop d'élèves. La plupart des élèves me disent avoir un tuteur privé pour les aider en math et croient leur prof de math incompétent.

Il y a quelques années, on disait qu'on allait probablement assouplir les exigences pour permettre les projets en maths. Et c'est exactement le contraire qui s'est produit... Combinatoire, permutation, probabilité en secondaire 3, en plus de l'algèbre, des solides, de pythagore... Bon, pour ce que j'en sais.

L'avis des collègues de maths rencontrés dans deux écoles cette années est que la cohorte de cette année, celle du front de la réforme, n'a jamais été aussi faible...

A une époque de sciences et de cognitivisme, ne pas tenir compte de la capacité intellectuelle en développement des jeunes qu'on connait depuis les thèses de Piaget, est presque un crime...

Curieux qu'avec le désir de réussite pour tous s'affirment une tendance à les mettre en échecs.

Le Mels aura certainement encore une fois à refaire ces devoirs.

Personnellement, je les fouterais tous, ces fonctionnaires à la noix, à la porte avec un bon coup de pied au cul!

jeudi 22 mai 2008

Allez savoir...

Je déserte un peu la blogosphère ce printemps. Je sens pas en moi rien bouger assez pour demander une expression. Est-ce le printemps, le fait que je doive déménager bientôt, ou que je me la coule douce dans la tâche la plus pénarde qu'on m'ait donné depuis que j'enseigne...? Il faut dire que dans mon milieu actuel, la réforme n'est pas aussi visible. L'équipe qui m'entoure est plutôt en train de réaliser qu'enseigner et durer dans ce métier demande un assouplissement de la tendance perfectionniste. Surtout en français, les burnouts font des ravages partout.

Bon, il y a toujours des moeurs d'école intéressantes. J'entends les profs commenter les décisions de la direction, mais je ne me sens pas plus impliqué qu'il faut, je ne vais pas travailler là longtemps, l'école est petite et les places rares, enfin... Mais bon, je ne croise plus ma directrice 10 fois par jour parce que son bureau est intallé adjacent aux bureaux des profs. J'ai une collègue de niveau sympathique au lieu de l'équipe chacun pour soi de l'hiver dernier. Je n'ai pas des yalatolahs de la réforme en face de moi à chaque fois que je prends place à mon bureau à l'école. Bref, ça calme un peu.

Je ne sais pas, je joue aux échecs sur le net ou je prends ma guitare de ce temps-là le soir. Et le matin, plus calme, je dors plus longtemps au lieu de me réveiller avec mes problèmes et mon stress avec une envie d'exprimer, de sortir, de voir, de comprendre.

J'ai toujours mon habitude d'aller lire prof masqué, toujours sympathique... Là s'arrête pas mal mon implication bloguante ces derniers temps. Le raeq, ben je les laisse tranquille, de plus en plus.

Comme le souligne Le Neuf, on est dans une nouvelle réforme sans nom. Bientôt le raeq va couler avec son idéal...

samedi 26 avril 2008

Une semaine dans le privé: costume, portail

Bon, voilà, c'est fait.

Je suis peu à peu intégré dans ce théâtre du costume! Pour le moment, c'est bien. Bon, la tâche y compte pour beaucoup: un niveau avec 75 élèves en tout, c'est presque du bonbon! En plus, j'ai de l'aide pour orienter mon enseignement, ce que j'ai eu pas mal de difficulté à trouver cet hiver dans l'école publique où j'avais du mal à m'entendre avec mes équipes matières, grandes et disséminées aux 4 coins d'une grande école.

Pour le moment, ce qui m'intéresse, c'est le portail où l'on peut envoyer des messages aux parents. On a une aide facile à mettre en action. Par exemple, je remarque chez de nombreux élèves une désorganisation du matériel évidente. Je vais probablement lancer un petit message général sur l'importance d'avoir des cartables en ordre, j'ai hâte de voir le résultat. Cette semaine, je me suis présenté aux parents, en expliquant la difficulté de s'intégrer à ce moment-ci de l'année et j'ai fait appel à la collaboration de tous pour bien atteindre l'objectif: terminer l'année dans les meilleures conditions de réussite. J'ai d'ailleurs demandé l'aide des parents de rappeler que ce n'est pas le moment de lâcher, même si le beau temps est arrivé. Je ne sais pas si c'est ce message qui a porté fruit, mais bon certains élèves se sont placés dans les jours qui ont suivi! Bref, au bout d'une semaine, la relation avec la plupart de mes jeunes est déjà bonne. Plusieurs me saluent dans les corridors et sont même venus me saluer dans ma classe avant de partir pourt le weekend... Normalement, ça prend franchement plus de temps pour arriver à ce résultat. Évidemment, avoir qu'un niveau me calme, et je suis déjà en train d'apprendre les noms des jeunes depuis deux jours. Je n'ai rien amené pour le weekend avec la pédago lundi, tout baigne... C'est assez fabuleux!

Bon, les jeunes savent qu'on a leur parent au bout d'un courriel, peuvent pas filtrer les appels, savent que c'est facile pour nous, plus que le téléphone, cela a sûrement son effet.

Bon, le portail ne serait pas lu par tous les parents, ce n'est pas non plus utilisé de la même façon par les profs. Des collègues se plaignent que certains parents ont le courriel facile... et que ça leur prend du temps. Pour moi, c'est une question de gestion et de tact. Évidemment, si on répond longuement à tous ses courriels dès réception, on peut s'enliser dans le truc.

Enfin, faut pas s'imaginer que les jeunes ne bougent pas à cause de ces dispositifs... Non, il y a des conflits comme ailleurs, des parents chiants peut-être même plus qu'ailleurs selon les collègues. Des jeunes flancs-mous aussi. Des fins de journées où il est difficile de garder les jeunes centrés sur la tâche, mais bon, pour des élèves de sec. 3, c'est pas mal...

Bon, je ne sais pas, l'hiver est fini, me semble que j'ai moins de temps pour laisser des traces bloguantes!

samedi 19 avril 2008

Évaluation en maths diluée... L'évaluation des incompétences!

Je reproduis mon commentaire laissé sur le site École et société, il est instructif.

Bonjour M. Chartrand,

Vous avez beaucoup de patience d'analyser toute cette potion pour endormir de notre fameux conseiller. Merci tout de même, j'ai de moins en moins de patience pour me perdre dans les mots des endormeurs professionnels...

Je me bornerai à faire une observation de terrain. Je suis prof de français de formation, toutefois, par les hasards de la vie et aussi grâce à certaines dispositions naturelles, j'ai enseigné les maths assez longtemps pour prétendre y avoir une certaine expérience. J'enseigne le français en ce moment, j'ai cependant toujours une oreille et un oeil à ce que font mes collègues de maths, sait-on jamais je pourrais retourner enseigner cette matière un jour!

Or. qu'entends-je en ces jours assez surréalistes en éducation? Un prof de math d'expérience qui nous répète qu'en formation la semaine dernière, on lui a dit qu'à la limite, l'acquisition des connaissances, on s'en tape! Pour un "matheux", c'est assez effarent! Non, on doit évaluer l'effort du jeune à déployer des stratégies pour résoudre un problème. Il fait de l'humour: on approche d'évaluer le vécu du jeune en maths: comment il se sent par rapport à son problème de math? Je vous jure, ce prof est pas trop loin d'une bonne déprime, car pour lui, comme pour moi d'ailleurs, cette approche consiste à jeter au panier toute une conception des maths qui était gouvernée par une vision et des méthodes très structurées d'acquisition d'un langage rigoureux en vue de former une intelligence sérieuse et disciplinée ou de former des gens qui utilisent ces connaissances à des tâches utiles dans nos sociétés.

Autre observation: Un prof me montre une évaluation pour le secondaire 3. Deux problèmes assez ardus. De la démarche, en voulons-nous, nous en aurons. Juste le dessin (un diamant= deux pyramides, des données manquantes qui joue avec le théorème de pythagore), me laisse songeur. Mon expérience parle, j'ai quelques années de sec.3 dans le chapeau: ouille, deux-trois élèves vont y arriver dans le niveau. Bon, j'ai même pas creusé, j'ai autre chose à faire...

Et voilà, ce matin, un élève est arrivé à la bonne réponse par groupe à peu près, et ce même si des profs ne sachant pas quoi faire avec toutes ces conneries inadaptées ont montré un problème parfaitement similaire à leurs jeunes peu avant l'évaluation, histoire de les préparer un peu à l'impossible autrement.

Comment les profs doivent évaluer ce truc de fou? Bien, j'ai jeté un coup d'oeil à la grille, je commence à trouver que finalement, en français, je ne suis pas trop mal! Une dizaine de critères pour évaluer les démarches. Enfin, comme je connais un peu la réalité de la correction en maths, je me demande ce que va faire un prof devant un charabia de stratégies à peine esquissées qu'il faudra deviner d'un jeune complètement désemparé devant un problème franchement inaccessible puisque ce genre de problème convient à 2à 3 % d'élèves doués parmis les doués... On m'a sans blague rapporté qu'une personne (un adulte) bien formé en maths a mis bien du temps à trouver la solution d'un problème conçu pour des jeunes... dans l'esprit de la réforme... Doit-on rappeler à tous qu'un jeune de 3e secondaire n'est qu'en train d'accéder peu à peu à la pensée formelle selon le constructiviste bien connu Piaget?

Pendant ce temps-là tout ce qui est autour en préparation, soit un enseignement des connaissances pour se rendre dans la fameuse et fumeuse résolution, n'est pas vraiment évalué dans l'outil.

Enfin conclusion de l'observation: le prof qui vient en aide à l'autre et propose que: A est celui qui arrive à la réponse avec la démarche. B: celui qui n'y arrive pas, mais qui fait des erreurs avec la bonne démarche. C= celui qui utilise un théorème de pytagore peu importe ce qu'il fait avec... D: les autres. Voilà la rigueur émiettée balayée sous le tapis...


Quel est franchement la valeur d'un tel exercice? Voilà où nous mène l'évaluation des compétences: un prof dans son weekend en train de se demander ce que vaut une ébauche de n'importe quoi d'un élève qui n'a pas ce qu'il faut pour résoudre un problème qui n'est pas de son niveau... multiplié par 120 copies. DE quoi plonger n'importe qui dans des questionnements existentiels et dans le songe d'une réorientation professionnelle. C'est d'ailleurs le commentaire de mon autre collègue au sortir de sa formation: j'ai appris qu'il était temps que je songe à me trouver une autre job!

Voilà, j'ai soutenu ailleurs que le problème de notre école n'est pas d'être trop peu exigente, mais de l'être à un niveau démentiel au niveau des objectifs sans égard aux capacités cognitives de l'enfant en apprentissage et de, finalement, laisser dans les mains des profs de valider une réussite factice dans des procédés d'évaluation chimériques. Et ce en se tapant pour le délire des maux de tête insupportables à chercher un semblant d'intelligence dans ce qu'on fait.

Pour ma part, je revendique des objectifs réalistes pour nos jeunes. Une éducation structurée, y allant par étape, visant la maîtrise du simple, allant progressivement vers la complexité pour atteindre le réel estime de soi, celui de réussir à maîtriser et comprendre ce qu'on maîtrise. Pas de recevoir des c après avoir fait n'importe quoi et de voir dans l'oeil du maître la désolation et le sentiment d'échec, celui de n'avoir pas fait réussir des jeunes l'impossible inaccessible que nos beaux et bons leaders en éducation propose de viser au nom d 'un déni de la réalité: certains n'arriveront pas à faire certains apprentissages... Faut-il éliminer le processus d'apprentissage pour cela?

J'ai hâte que les intellectuels, plutôt que de songer changer de métier, descendent dans la rue pour négocier sans concession le retour de la formation intellectuelle que la classe moyenne moderne a droit pour pouvoir prendre vraiment part à titre de citoyen au débat de société d'une façcon active. Pour moi, il est clair, une volonté pas toujours innocente a choisi de diluer le trop grand succès même imparfait de l'éducation moderne pour tous.


Le drôle d'oiseau, F.P. ou Francis, c'est la même indignation! (Qui n'a simplement pas la position protégée pour prendre part au débat en son nom réel)

Bureau jaune et courriel rouge

Je réactualise un texte qui s'était perdu dans un commentaire sur un autre blogue. Je crois important de poser cette hypothèse pour demeurer vigilent! Voici donc ma théorie du complot en éducation!

J'en suis à développer la thèse que la réforme vise à détruire la tradition scolaire qui a permis à la première génération scolarisée massivement (les boomers) de se tailler dans un certain rapport de force des conditions de vie décentes pour une classe moyenne nombreuse (fin des années 70). Et les profs, dans ce mouvement, ont eu beaucoup de pouvoir.

Ce pouvoir, on cherche maintenant à le détruire.La comédie de l'éducation, c'est endormir les gens et les occuper dans l'insignifiance. Dans quelques années, personne n'aura vraiment de consistance pour s'opposer intellectuellement au pouvoir et la machine de propagande aura le beau jeu. La manipulation des masses deviendra facile.

Ce mouvement souterrain a commencé dès le début des années 80 et culmine maintenant. Le mode d'installation consiste systématiquement à utiliser un cadre conceptuel abstrait et douteux qui relève de l'idéologie irréfutable comme le discours des partis communistes du régime soviétique (belle récupération par la droite de procédés de gauche. C'est justement le mouvement des sciences humaines des États-Unis qui nous tombe dessus, on sait très bien que le pouvoir là-bas subventionne la recherche pour savoir comment contrôler les masses).

On forme des équipes avec des surveillants proches du pouvoir pour surveiller tout le monde. On surveille notre comportement d'enseignants, notre discours et on fait de la délation. On force des évaluations qui nous sortent de nos références traditionnelles, on impose des évaluations communes au nom de la peur du scandale médiatique. (Je vous juge l'adjointe chez nous m'a répété mainte fois qu'il faut faire attention à ce qu'on dit on peut déformer nos paroles et se retrouver avec un parent incontrôlable, et la direction nous laisse entendre qu'elle ne nous soutinedra pas si cela arrive...: ça ressemble aux comités des citoyens qui déforment et interprètent les conduites suspectes des personnages de Milan Kundera).

Bref, on contrôle le contenu par les évaluations. Un contenu qu'on s'acharne à diluer dans l'apprentissage fumeux des processus d'apprentissage. Il ne faut plus faire échouer personne pour éviter les scandales. Cela me fait penser à cet ennemi imaginaire placardé dans les médias dans le roman 1984. On vit à l'heure de la peur du scandale scandée!

La majorité des nouveaux venus en enseignement et ils sont nombreux n'ont pas le choix de se plier au discours. Leur précarité permet au parti de sanctionner. S'ils ne sont pas assez fervents, ils deviennent suspects, bref ils doivent se montrer enthousiaste pour continuer de toucher leur beau salaire inespéré.

On choisit les surveillants d'équipe d'ailleurs en fonction de leur âge et de leur formation souvent plus ou moins adéquate dans le champ où ils travaillent. Ambitieux, ils soignent leur relation avec le parti...Pour les anciens, on applique la méthode autoritaire avec des raisonnements creux...

En fait, ils attendent tous qu'on donne nos démissions, pour faire entrer à la limite n'importe qui. Ces nouveaux venus coûteront moins chers et seront plus dociles. De toutes façon, on forme déjà des animateurs pédagogiques... Bientôt, on les formera au Cégep, on le fait déjà pour ce qui reste de l'adaptation scolaire. J'ai vu quelques départs dans l'école où je suis, pas des profs, mais des gens d'une autre génération, ils ont tous parlé de différends avec la direction... On leur a à peine dit "bonne chance" après 22 ans de service...

Dans les salles d'enseignants, j'ai été frappé, par la manifestation régulière de profs qui songent à quitter le profession. Tout le monde ressent l'insignifiance de plus en plus palpable dans laquelle on nous plonge. Et il n'y a aucune place pour discuter. C'est l'omerta et la délation.

Où sont nos syndicats? Dans une timide demande de stopper la réforme pour la corriger. Ce n'est pas une correction dont nous avons besoin, c'est d'une défense de la rigueur pédagogique et de la formation consistante de l'être humain...En fait, tant qu'on ne descendra pas dans la rue, rien ne pourra bouger vraiment et le lent mouvement de sape continue dans le silence...

J'avais quitté le monde de l'enseignement depuis 3 ans. Je sens que le discours de la réforme devient opprimant sur le terrain. Beaucoup de profs vivent des vexations dans un bureau jaune d'adjoint ou dans des échanges de courriels rouges (encore plus insidieux).

Il n'y a pas si longtemps, on n'envoyait pas à la rue les jeunes, on les dirigeait vers l'école alternative. Mais on a dans bien des milieux démantelés ces réseaux coûteux, de toute façon, on va faire passer tout le monde... La peur des jeunes de la rue, c'est encore le discours pour démolir le processus éducatif, qui donnait la possibilité de développer une intelligence perspicace.

On m'a rapporté dernièrement que dans une usine, on réunissait les employés pour des "meetings" où des responsables, connards avérés sans formation, prenaient la parole pendant de grosses heures à dire n'importe quoi...Comment peut-on critiquer l'intelligence d'un discours imbécile? Et sans avoir soi-même quelques outils intellectuels et un réseau conceptuel solide en soi, comment comprendre que le discours en avant est creux et vide de sens?

On ne vit pas vraiment un débat de société. On vit les dernières manifestations de l'intellect se révoltant contre sa dissolution. C'est le pouvoir qui mène la bal, en l'absence de contre-pouvoir... On ne gagnera pas la bataille à coup d'arguments... De tout façon, la posture du pouvoir est bien évidente dans le discours d'un Tehami au Raeq, il y a deux dogmes, irréconciliables, je suis au pouvoir et j'ai la force, bref mon dogme gagne. Peu importe vos arguments, de toute façon, mon cerveau, comme le vôtre n'est pas ouverts aux contre-arguments de l'autre.

Quand on ouvre les yeux, on remarque que l'esprit de cette réforme est partout à l'oeuvre...La crise du crédits, où on a donné sans compter de l'argent à n'importe qui, nous laisse croire que ça va mal... On ne parle parlera pas d'argent en éducation, alors qu'on continue de constater qu'on vit dans une société où l'on se paie deux, trois à quatre automobiles par maison... évidemment achetées à crédit!On oublie aussi de parler du crédit qui enchaîne, qui fait taire pour ne pas perdre sa belle cote de crédit... qui fait fermer sa gueule au boulot pour payer ses comptes...

Curieux, je reçois toujours de nouvelles propositions de crédit.

Nous vivons un âge des ténèbres qui donne prise de plus en plus au totalitarisme.

mardi 8 avril 2008

Nouvelle aventure! Jonathan migre vers le privé pour finir son année!

Alors voilà,

Après des emmerdes incroyables, me voilà relancé dans l'aventure de la découverte. Un petit tour au privé pour finir l'année, espérons-le en beauté!

Voilà le goéland se faisait de plus en plus différenciel progressif, c'est-à-dire que sa tâche se faisait gruger par l'enseignante qu'il remplaçait. Bon, le goéland assume, il est déjà passé par là et comprend! S'il va avoir son 40 ans dans 8 jours et qu'il ne s'est toujours pas fixé et vole de précarité en précarité, il sait bien pourquoi... Il ne choisit pas le chemin le plus fréquenté parce qu'il aime explorer...

Mais bon, quand les gens commencent à lui soumettre des formules ésotériques pour calculer son salaire et qu'il s'en indigne, quand une dame lui dit qu'il est bien chanceux d'avoir son remplacement depuis janvier pour lui faire fermer le bec, il commence à sentir la moutarde lui monter au nez-bec et il comprend que le temps de partir est venu. Quand, au même moment, l'opportunité se présente de prendre une passerelle inattendue, il n'hésite pas. La passerelle est même souple, il va finir dans l'honneur le travail commencé pour s'esquiver doucement sans brusquer.

Après les embrouilles d'équipe, les reproches infondés, les effets jaunâtres de système, il part fier sûr de laisser une trace dans les airs où il a sillonné avec intégrité pour faire triompher la vérité. Pas celle qui enferme, mais celle qui grandit.

Voilà, ce sera le privé, une école jeune, moderne avec un portail et tout et tout! l'uniforme et le "monsieur", des parents qui mettent 3000 dollars/an pour leur enfant, bref qui s'en occupe, enfin j'ose croire un peu. Rejoignables par courriel au moindre faux pas. Des périodes de 55 minutes, quel bon sens... Des périodes de devoirs, l'école sans sacs, ben pourquoi pas? Bref, on va aller mettre le bec là-dedans Livingston. En prime, un niveau pour un temps plein, pas de p1 p2 machin! Et au même salaire! Les journées peuvent finir plus tard, inconvénient mineur et des remplacements pour l'année prochaine en vue si les parages sont cléments...

Voilà rares lecteurs! Votre drôle d'oiseaux vous tient au courant!

vendredi 4 avril 2008

Le respect de la personnalité de l'enseignant ou le combat des poules!

Ces jours-ci, j'ai l'impression, encore une fois que le milieu me "grafigne". J'ai bien ri en regardant Virginie (ben oui, je l'écoute souvent et sans honte, même si la réalité décrite n'a souvent aucun rapport avec la réalité, il y a là-dedans bien souvent des situations intéressantes pour réfléchir), quand un personnage a reçu en plein visage un coq qui l'a grafigné. J'aime bien voir les événements de ce genre comme des manifestations symboliques d'une certaine réalité sous-terraine ou inconsciente, comme le cerveau nous fait des rêves éveillés ou nocturnes pour nous informer par le langage primaire de l'inconscient. C'est mon biais psy! Car dans un milieu de leaders naturels, on est tous dans nos classes des leaders, dans les salles de profs, souvent font rage les combats de coqs à un niveau subtil et pernicieux et le tout avec un sourire fendue jusqu'aux oreilles!

Ainsi, je suis pris au milieu d'une équipe de femmes profs de français bien idéalistes sur ce qu'est un enseignant de français. Il y a aussi un effet de clique, une d'entre elle est mariée avec un adjoint, vous voyez le truc... Bon, je veux pas être sexiste ou macho, mais franchement ce n'est pas souvent évident de prendre sa place au milieu de ses bonnes femmes qui ont une vision de la langue et du cours de français assez particulière. Il y a les effets de copines, le style nonne sans vie personnelle, perfectionniste et orgueilleuse. Enfin spécialistes des détails, les dames n'ont pas toujours le regard d'ensemble bien clair et franchement j'ai souvent l'impression de parler un autre langage et de comprendre le monde au travers d'une autre lunette. Enfin, juste pour étayer les deux autres gars de l'équipe, je les trouve d'une discrétion admirable. Bref, un gars dans ce monde assez féminin a bien souvent du mal à se sentir à l'aise.

Pour avoir croisé bien des profs de français, je sais que la pallette des personnalités peut franchement varier: certains sont des amoureux de la formule, de la poésie, de l'art dramatique, de la nouvelle. D'autres sont plus intéressés par des types de discours plus courants, je suis de ceux-là. Souvent ce dernier groupe aime assez les romans aussi. D'Autres aiment bien les aspects structurels de la langue, la grammaire entre autres. D'autres sont de bonnes mamans qui voient à tout, certains autres favorisent l'autonomie du jeune dans un style plus masculin.

Enfin, chaque discours peut être transmis avec une approche personnalisée aussi. En argumentation, je peux préférer insister sur le raisonnement démonstratif et trouver un peu vaseuse l'approche explicative pour arriver à des résultats avec les jeunes. Un autre pourrait se trouver fort à l'aise avec l'explication argumentative et davantage insister sur ce point. Même si les programmes visent qu'on présente un large éventail de situations d'écriture, il reste que dans tout ce vaste champs de la langue, nous avons tous quelque part des points forts et des points moins développés.

Le problème se pose quand l'équipe impose à tous un agenda d'enseignement des plus rigoureux et que constamment on se retrouve à se faire imposer sans égard à notre personnalité des activités, des visions de la matière, des instruments d'évaluation qui dicte un enseignement précis de notions parfois même discutables.

Là, le combat de coq ou de poule fait rage. C'est quasiment violent. Quand on ne peut pas changer une question ou deux, dans un examen pour mieux convenir à l'enseignement dispensé cohérente à notre vision et notre personnalité dans un examen de 3e étape, quand on se fait imposer le moment des évaluations constamment, où est la liberté pédagogique et le respect des personnalités enseignantes.

Quand au nom d'un idéal (souvent faux et cachant des intérêt assez douteux), on fait fi des particularités des enseignants, qu'on ose mettre même en doute leur compétence parce qu'il ne partage pas une vision théorique fort discutable, une équipe peu devenir assez violente. Enfin, il n'y a qu'en français en passant que j'ai vu des rigidités aussi manifestes. Mais bon, j'ai vu aussi ailleurs parfois des équipes plus détendues et respectueuses des différences individuelles. A mon école, j'ai parfois l'impression qu'il est simplement impossible de discuter. C'est presque tabou de parler d'une variété de styles en enseignement du français.

Hier, imaginez la directrice adjointe a voulu s'assurer que j'employais l'examen de l'équipe en même temps que l'équipe, avec les mêmes questions, que si je choisissais un autre instrument de le faire valider par la direction, qui en passant n'a aucune compétence en français. Elle a même tenu à s'assurer que j'enseignais vraiment tout le contenu évalué par la grille de la commission scolaire en écriture. Tout ça parce que j'ai suggéré un changement à deux questions d'examens à des collègues et que la discussion a tourné en queue de poisson avec l'une, la nonne, pour des divergences de conceptions qui, à mon sens, viennent de profils de formation assez différents et de personnalités manifestement différentes.

Comme si je n'avais aucun sens professionnel, comme si je n'avais pas la compétence pour discuter de théorie argumentative...

Bon, je lui ai répondu, parce que le tout se fait par courriel maintenant, que je l'assurais que je travaillais avec tout le professionalisme qui s'impose (!). Ça m'a fait du bien!

Voilà un exemple qui démontre bien que la liberté pédagogique de l'enseignant ne va absolument pas de soi. Il faut considérer les effets d'équipe. Quand on y trouve une parenté d'esprit, on peut s'y développer. Dans le cas contraire, malgré la meilleure des volontés, on finit par passer pour un paria et subir un mur de silence et l'expression d'une violence sourde. Combien de burnout sont en rapport avec ce genre de dynamique? La guerre de tranchée dans les couloirs d'une école est une métaphore tout à fait appropriée. La réforme se passe sur fond de guerre de tranchée insidieuse de ce genre.

Bon, on est encore moins libre pédagogiquement si on est à statut précaire. L'expérience, le bagage antérieur, la bonne volonté, les milles succès d'adaptation qu'on a démontré en deux mois, ne changeront rien à l'affaire. On est suspect d'incompétence. A 40 ans très bientôt, la blessure d'orgueil reste vive en ces zones chatouilleuses...


Encore un fois, je suis un peu dégoûté d'un milieu scolaire...


Bon, un de mes pères (je suis moderne!) me rappelait récemment qu'il faut souvent avoir une "gang" pour se protéger et avoir de l'impact!

lundi 24 mars 2008

La fichue liberté pédagogique ou l'univers de Kafka (D'un Joseph K. parmi tant d'autres)

J'aime bien être libre, comme tout le monde. Mais c'est un leurre.

En fait, on vit dans un monde de règles, certaines évidentes, d'autres un peu moins.

Bref, on entend parler de liberté pédagogique. Un enseignant a le choix de choisir sa méthode d'enseignement pour passer tel ou tel objectif de matière. Bon, évidemment le système n'a pas trop le choix de nous laisser un peu libre. Comme on dit dans le métier, un coup la porte fermée...

Nos syndicats en font un cheval de bataille. On le comprend!

N'empêche qu'en ces temps d'idéologie socio-constructive, rien de telle que la précarité d'emploi pour ressentir combien l'école subtilement vient infléchir nos choix pédagogiques: surveillance des photocopies, inciter les gens à travailler en équipe pour mieux se surveiller entre eux, les manuels sont aussi très tendance, les bulletins avec des compétences, les portes-folios de lecture, tout cela, c'est du contrôle pédagogique, de la bureaucratie. L'univers de Kafka qui entre par la grande porte!

Depuis que je suis revenu à l'enseignement, j'ai bien senti que de s'appuyer sur son indépendance pédagogique n'est pas simple. Quand j'ai rejeté du revers de la main un outil tendu d'une prof qui veut me faire travailler les diagrammes d'analyse en arbre en nouvelle grammaire, j'étais à un doigt de l'incident diplomatique. Quand j'ai donné mes feuilles d'exercices d'analyse logique à des collègues et qu'on s'est empressé de me dire que le mot proposition et le mot principale avait été proscrit par le programme de 95, la discussion qui s'en est ensuivi commençait à devenir émotive parce que j'ai poussé un peu mes collègues à m'expliquer en quoi la phrase syntaxique enchâssante, traduit "en bout de phrase" (le bout de la marde!) pour les élèves avait apporté mieux que le terme clair proposition principale. En quoi le couple phrase matrice/ phrase syntaxique améliore le couple phrase/proposition? Je n'aurais peut-être pas dû conclure que la nouvelle grammaire n'était qu'une mode et que, dans quelques années, on n'en entendrait plus beaucoup parler! Mes religieuses n'ont pas aimé! Enfin, en France, on la flushe en ce moment, toute la francophonie va suivre, question de temps, patience mon frère!

De fait, tous ces gens me surveillent et rapportent quand la directrice le demande ce qu'il pense de moi comme enseignant. Normal, je suis un précaire. Un nouveau. Un suspect.

En fait, une école, c'est toute une petite hiérarchie qu'il ne faut pas trop déranger dans ses petites habitudes. Être indépendant d'esprit ou trop s'impliquer dans un débat, n'est pas trop bien vu dans aucune organisation d'ailleurs. D'Ailleurs, quand on entre quelque part, et qu'on a quelque habileté à influencer les autres, on assiste à une valse fabuleuse: un après l'autre, les camps de l'école viennent flairer, amadouer, vous expliquer leur vision des clans dans l'école... Bon, je me suis éloigné de ce genre de discussions rapidement, me contentant de vivre mes échanges sans trop me compromettre.

Évidemment, la hiérarchie quand elle est là pour la position, ce qui est souvent le cas (de nombreux profs fatigués d'être sur le plancher vont même aller se taper des cours d'administration pour cela), a tendance à épouser le discours du pouvoir. Elle vous écoute, mais on sent qu'au fond on est une menace dès qu'on soulève un regard critique sur l'institution. Vu que les précaires n'ont pas de protection, il est commode d'en lyncher un pour se prouver qu'on a du pouvoir. Cela m'est arrivé une fois après m'être fendu en quatre pour accommoder un directeur, il m'a lynché en fin d'année parce qu'on lui a rapporté des propos que j'avais tenus en assemblée syndicale et qui soulevait la question que des adjoints avaient fait pression pour que je donne de bonnes moyennes aux élèves que j'avais lors d'un remplacement. Bref, j'essaie de me faire petit la plupart du temps et de bien sourire à tout le monde!

Bon, j'ai compris aussi qu'un directeur souhaite une chose dans la vie, c'est d'être le moins souvent possible dérangé. Or, quand on ose prendre des voies pédagogiques peu à la mode, il arrive qu'un jeune ou des jeunes déforment ce qu'on a dit et que plusieurs parents appellent le lendemain, par exemple, lors de la remise des résultats peu reluisant, pour cause de je-m'en-foutisme, d'un contrôle. Je n'y peux franchement rien.

Il y a parfois des conflits nécessaires. Vu que j'ai pris l'habitude de ne plus discuter pour rien. Des fois, ça pète, mais globalement, ça va mieux depuis ce petit changement.

Bon, je ne m'empêche pas de dormir avec cela. J'ai aussi démontré bien des talents depuis mon retour. Un des directeurs est bien content de voir que je prends en main ce groupe difficile de sec.1 qui a fait suer depuis le début de l'année tout le monde. Quand je lui parle de mon approche que j'adapte aux jeunes, plutôt que de m'entêter à faire le programme comme les autres profs, il est capable de vivre avec cela.

Bref, la liberté pédagogique reste quelque chose de fragile. On peut vous lyncher pour un détail même si vous êtes parfait dans tout le reste. Et fatalement, on ne peut être parfait. ET même si on l'était, y a toujours un toto qui peut partir une rumeur et le délire peut devenir une réalité...

L'école est politique.

Même un permanent peut être franchement malmené par une direction qui le prend en grippe.

Bref, je trouve que la liberté pédagogique dans un contexte de socio-constructivisme n'est pas suffisante. Quand je suis devenu prof, j'ai très bien compris que j'avais un style directif assez naturel, moi laisser niaiser des jeunes, ça ne me le fait pas... Quand on érige en système, le lynchage du style directif, j'ai l'impression qu'on s'attaque un peu à moi donc. Et ce n'est pas la liberté pédagogique qu'on atteint en moi, mais ma personnalité d'enseignant.

Le pire, c'est que la plupart des profs sérieux ont un style directif de fait, mais tout le discours fait qu'il ne faut pas le dire trop fort, on a le droit au ton du conspirateur entre profs de confiance.

En même temps, si on a trop de difficulté en classe, on nous ramène le discours de la gestion de classe, sous-entendu le style directif dont il ne faut pas parler.

Enfin, quand on vit avec un programme idéaliste avec des objectifs pompeux à passer qui ne conviennent absolument pas au 2/3 de la population en face de soi, on peut bien être libre pédagogiquement, il y a un décalage entre le discours et la réalité qui nous place encore dans une zone franchement inconfortable où prendre des libertés, pour s'adapter aux jeunes et leur faire un cours adapté à leur niveau réel, peut être suant.

Bon, des fois, je pense que je suis plus réformiste que les réformistes. S'adapter aux jeunes, à l'élève pour entrer dans la zone où la relation permet de pousser le jeune plus loin, ça a été ma première école de prof. 3 ans avec les élèves en difficultés d'apprentissage à viser quand même les programmes ministériels, ça forme à un certain regard sur l'enseignement. Je ne vois pas malheureusement chez mes collègues beaucoup cette capacité. Elles essaient de copier le manuel réforme et d'inventer des activités ou projets réforme, la plupart du temps déconnectés, compliqués pour rien et aussi inutiles.

S'adapter à un groupe faible demande exactement le contraire: une structure plus ferme, un matériel simplifié, un dynamique disciplinée et directive, des tâches bien découpées, varier la présentation de l'activité qu'on refera plusieurs fois. Bref, on est à milles lieux des cercles de lecture avec des périodes de discussions entre jeunes, on est à des années-lumières d'activités de lecture qui peuvent s'échelonner sur 5 cours, on essaye d'éviter des activités d'écriture trop longues et improductives. Luc Germain, dans Le grand mensonge de l'éducation, qui a aussi travaillé en adaptation scolaire, soutient la même chose: le projet pour une jeune en difficulté, c'est de la fumisterie!

Bref, je suis entouré d'une équipe qui ne se rend pas vraiment compte d'être dans le champ avec leur attitude réforme, elles n'ont malheureusement pas d'autres modèles. Elles constatent les échecs, vont diluer la sauce pour encore l'année suivante constater que les jeunes se plantent toujours. Elles continuent de faire faire les mêmes activités d'apprentissage sans consistance, année après année, elles n'ont rien d'autres à essayer et, en plus, on les a endoctrinées: bah, ils ne réussissent pas, mais quand ils seront prêts, ils vont faire les apprentissages. Beau raisonnement... Voilà comment on fabrique l'incompétence!

Pire, il n'y a même plus de vieux manuels vers lesquels on pourrait se tourner pour voir. Des profs les ont jeté! J'ai réussi à mettre la main sur quelques rares rescapés pour m'aider, mais je dois faire bien souvent du matériel parce qu'il n'y a pas grand chose d'adapté. Tout est soufflé dans le moule nouvelle grammaire et le moule réforme, on n'en sort pas.

Voilà la liberté pédagogique toute relative que nous avons dans le credo socio-constructif.

À quand le credo de l'enseignement efficace! Je pense de plus en plus qu'il faut combattre l'idéologie par l'idéologie. Enseignement efficace, certain utilise cet emballage, faudrait travailler cela... Être contre-réformiste n'est pas très productif, il faut présenter une valeur nouvelle. Retour à droite en enseignement, on en a besoin juste pour remettre les pendules à l'heure et vivre moins de décalage entre l'idéal et la réalité...

dimanche 23 mars 2008

L'ouverture de l'esprit n'est pas une fracture du crâne!

La légèreté de l'être est insoutenable.

En fait, le fou à convaincre n'est pas fou la plupart du temps: il est au pouvoir. Son discours est celui de l'idéologie en place. Il sonne creux en réverbération de tous ses semblables. Les gens du Reaq ne sont pas pour l'avancement de l'éducation, mais pour maintenir leur acquis dans une idéologie qui se présente comme novatrice. Je l'ai dit hier, épouser l'idéologie sert à se tailler une place ou bien à se sentir utile quand on est trop vieux pour penser en expérimentant la vie. On a besoin de nos vieux snocks, pour nous développer. Ils sont si difficiles à convaincre de changer ou de se remettre en question!

Pour ce qui est de ma place au soleil, ça peut encore attendre. Bohème et débrouillard, je me contente de peu, tant que j'en ai la force... Toutes les idéologies se présentent toujours comme novatrice, comme les religions nouvelles ont eu des messies apportant la bonne nouvelle: le renouveau. Curieusement, il y a dans tout renouveau de jeunes imberbes et de vieux barbus!Les systèmes humains évoluent d'une idéologie à une autre. Ces contenants creux donnent un minimum de cohérence au troupeau et mobilise l'activité des sociétés...

Bref, je n'ai pas ressorti mon dossier A quoi bon, pour le docte Hervé Bergeron, j'ai repris du début une deuxième version pour exprimer ma critique du pouvoir pédagogique actuel en ce qui a trait à la pédagogie du français. Je ne parle pas à un type qui se prend pour un poisson, mais à un type qui défend l'idéologie qui emprisonne et dénature mon action enseignante. Je défends une vision nouvelle de la pédagogie apparement tournée vers le passé, mais c'est inexact, je suis de ma génération et j'ai été introduit à des découvertes pédagogiques moi aussi. Avec l'enseignement explicite, efficace, j'ai expérimenté une approche directive avec des jeunes en difficulté d'apprentissage. J'ai dû vivre avec l'approche des discours qui structure tout le programme de français depuis le milieu des années 80. J'ai connu la folie structuraliste qui enlève souvent tout sens aux apprentissages, voire à la vie. J'ai vu le système s'adapter à des enfants rois pendant que je refusais que les miens soient des rois, fermement convaincu que tant qu'il cherche à me planter, ils grandissent. Le jour où ils me mépriseront, ils auront pris ce que j'avais à leur donner et feront leur chemin d'intégration de l'héritage et de l'expérience. J'ai mon propre parcours avec mes pères, je les ai méprisé, puis compris et enfin je me suis trouvé... J'ai ainsi mon expérience de parents, j'ai observé 3 enfants grandir avec l'oeil du psychologue et de l'éducateur, mes 2 formations, les deux points de départs de ma vie intellectuelle. Voilà l'héritage et l'expérience combinés de la vie qui se fondent ensemble pour tenter de proposer une vision nouvelle de l'enseignement, qui sait je dépasserai peut-être un jour ce domaine.

Mon destinataire réel n'est pas ce vieux con qui peut bien tranquille dans sa position dire au gens de parler avec leur nom au lieu d'utiliser un pseudo. Moi, je signe F.P. parce que j'aime pas trop mettre mon nom dans google et trouver des textes que j'ai écrit il y a 3 ans. Les écrits restent. C'est en fait la réflexion des potes et du raeq sur l'anonymat qui m'a fait prendre conscience de la nécessité de protéger mes fesses un peu.

Malheureusement. Le pouvoir peut se servir de cette réalité pour nous faire taire un jour. OUI, LE POUVOIR A DU MAL AVEC LES PSEUDOS. Et Luc P. prend des risques, mais bon il n'est pas précaire comme moi. Et à mon sens je reconnais son allure et son style ailleurs...

On travaille tous à faire avancer les choses, on est probablement en train de fonder sans trop le savoir un autre vision éducative encore en germe. Celle qui intègrera la tradition et la nouveauté dans un renouveau réel, qui deviendra probablement un autre discours creux récupéré un jour pour les prochains poseux de questions, quand on sera trop vieux "snocks"!. On aura posé notre brique, ça permet de dépasser l'Insoutenable...

Ensuite, je suis cet humain plongé dans le virtuel, le monde sans réalité, le monde des idées à l'état pure et des humains derrières qu'on doit se représenter comme des fantômes qui ont en réalité des corps, des bouches, une apparence. Monde plein de nouveautés, plein de nouvelles réalités d'échanges et de travers humains encore plus visibles...

Je ne dois pas oublier que l'humain derrière le masque est fait de chair, est dans une réalité humaine qui lui donne son interprétation de la réalité. Un riche dans son monde favorisé voit les choses différemment que celui plongé dans la recherche de sa subsistance. Tous deux sont des humains. Restez humain, autant qu'on peut. Revendiquer la valeur de ses interprétations, de ses analyses, écouter, intégrer, faire avancer les choses.

Évidemment, on ne changera pas le pouvoir sans faire trembler un peu ses bases.

Quand on est né agent de changement, on peut bien avoir le moment de fatigue, le a quoi bon, un moment. Mais si la vie nous a donné la capacité d'interroger le pouvoir ce n'est pas pour se cacher et se contenter de râler dans le silence. Non, c'est parce que l'aventure humaine a besoin du moteur de la dialectique, toute dynamique vivante a besoin du mouvement, pas de l'inertie. L'inertie c'est le déclin et la mort.

"L'ouverture de l'esprit n'est pas une fracture du crâne!"

Bref, voilà pourquoi j'ai répondu comme deux autres que je connais bien à ce M. B. sur la langue et sa vision bêtement idéologique, qui est un lieu commun de la caste au pouvoir en éducazionne!

samedi 22 mars 2008

Vaut-il la peine de prendre au sérieux ce qui ne l'est pas?

Voilà l'histoire précise du fou de Kundera. Quand j'y pense, c'est bien la première chose que j'ai lu de lui, puis je l'ai lu pas mal hormis ses essais un peu lourd sur le roman!

"Suppose que tu rencontres un fou qui affirme qu'il est un poisson et que nous sommes tous des poissons. Vas-tu de disputer avec lui? Vas-tu te déhabiller devant lui pour lui montrer que tu n'as pas de nageoires? Vas-tu dire en face ce que tu penses?"

Son frère se taisait, et Édouard poursuivit:"Si tu ne lui disais que la vérité, que ce que tu penses vraiment de lui, ça voudrait dire que tu consens à avoir une discussion sérieuse avec un fou et que tu es toi-même fou. C'est exactement la même chose avec le monde qui nous entoure. Si tu t'obstinais à lui dire la vérité en face, ça voudrait dire que tu le prends au sérieux. Et prendre au sérieux quelque chose d'aussi peu sérieux, c'est perdre soi-même tout son sérieux. Moi, je dois mentir pour ne pas prendre au sérieux des fous et ne pas devenir moi-même fou. "
(Milan Kundera, Risibles amours, Folio, 1987.)

Voilà, j'ai longtemps rêvé d'être un écrivain... Mais bon, il y en a qui l'ont mieux que moi!

Le morceau s'applique tellement à la situation actuelle en éducation... J'ai aimé dans Kundera la description du communisme au quotidien.

Les sociétés ne visent pas vraiment à former des gens critiques parce que le véhicule idéologique d'une époque demeure toujours simple. En épousant le discours de son époque, on se taille une place. Voilà où la réflexion de Kundera arrivait dans un de ces derniers bouquins: L'identité. Son personnage retourne dans son pays devenu capitaliste et le nouveau discours est dans la bouche de tous ces gens qui autrefois adoptaient le discours du parti avec les mêmes airs convaincus!

On est dans le discours du renouveau pédagogique... Ne le prenez pas trop au sérieux, ça va passer comme tout finit par passer!

Virtuelle: vires-tu aile? ou ré alité?

Bon, ce matin, mais aussi d'autres matins, je suis du matin, je sillonne le ciel blogosphère où tous ces penseurs s'affairent et je me dis à quoi bon. Les Tehami et compagnie sont au pouvoir, ils bloguent à peu près juste pour bien reconnaître les contre-thèses et ceux qui les soutiennent.

Je me souviens de cette petite histoire au revers d'un bouquin de Kundera qui racontait l'histoire du fou qui essayait de convaincre les gens qu'on était tous des poissons qui vivions dans un immense aquarium. Un jour, alors qu'il racontait sa théorie, un type se mit à essayer de lui démontrer qu'il était complètement marteau. Et l'histoire se concluait sur cette question: qui est le plus fou, le type qui croit vivre dans l'aquarium ou celui qui tente de le raisonner?

Dernièrement, je me suis énervé pour une petite histoire d'interprétation d'études "scientifiques", bon un certain membre du sélect club s'est ensuite énervé et m'a fait un bon caca nerveux (j'aime bien ma Française du Sud, qui m'apprend des tas d'expressions françaises...), pui j'ai pris une bonne soirée à démonter tout cela et à produire quoi: un texte pas trop génial.

Bon, ça occupe Livingston! M'enfin! J'aurais toujours quelque chose à redire des conneries qui se disent sur le blogue du Raeq, comme ce monsier Bergeron qui finalement veut simplifier le français, fournir des ordis avec correcteurs, comme technique d'apprentissage du français.

Mais bon, j'ai mis le texte dans mes archives en titrant le document: à quoi bon!

Tout le corps enseignant se fait mettre en boîte ces années-ci et on n'a pas le temps de réagir, de dire wo! On reçoit les infos sur le porte-folio de lecture, on regarde le beau petit tableau à colorier ses lectures qui va résumer son parcours de lecteur. On regarde la prof qui est allée chercher l'info à la CS et qui nous la transmet, elle est la réincarnation du prototype caricatural des soeurs enseignantes d'un autre temps, elle a l'air contente... Elle nous explique bien sérieuse, que ce moyen va nous permettre de pousser nos jeunes à aller lire d'autres genres s'ils ne font que lire des romans policiers... Du coin de l'oeil, je vois les yeux du seul autre prof masculin de la réunion avec un sourire narquois. Il a posé une question, je l'ai oublié, mais bon à l'évidence il riait de tout ça, comme moi, intérieurement. Quand je pense que je fais lire de la BD à mes jeunes, parce que j'aime mieux qu'ils lisent quelque chose que rien du tout...

Nos bons fonctionnaires nous ont encore une fois de plus concocté un beau truc saveur bureaucratique, un registre de lecteur. Voici mon cv de lecteur monsieur! Je suis un vrai Hannibal Lecteur, vous ne trouvez pas? J'en bouffe du livre, heing!

Après cela, on nous parle de liberté pédagogique!

Des conneries!

La seule réponse sensée au vendeur d'aquarium?

L'ignorer.


Vires-tu aile ce matin, qu'on aille se prendre un café bien réel et chatouiller la Française qui se lève!

dimanche 16 mars 2008

Influence des arts sur le développement intellectuel (critique des études bidons)

Dans ce texte, je réagis à un commentaire de François Guité sur le blogue du Raeq.


On ne saurait nier que le cerveau est une machine extraordinaire qui se construit en faisant des relations. Évidemment, l’école tend à se concentrer sur le développement intellectuel, notamment en développement des langues et des mathématiques.

Je crois que le lien entre les talents en mathématiques et ceux musicaux est depuis longtemps répertorié.

Je crois que l’école s’occupe de plus en plus de permettre de répondre aux besoins divers en développement en offrant des programmes particuliers (sport-études, option théâtre, option en musique, option en art, etc.).

Est-ce à dire qu’il faut arrêter de faire les activités spécifiques et utiles qui développent le cerveau gauche à l’école et qui ont leur utilité dans la vie? Ou encore diminuer ce temps précieux d’apprentissage pour les arts?

Est-ce à dire qu’il faut faire faire des arts et de la musique encore plus? Ils me semblent que depuis longtemps, on fait faire du dessin, du chant aux enfants au primaire, de la peinture, de la gymnastique pour le corps et que les activités parascolaires stimulent ces côtés créatifs. Personnellement, j’enseigne le français et je continue mon petit cheminement amateur avec ma guitare, je bricole toujours avec plaisir quelques inventions loufoques et tente de réparer mes bagnoles pour le plaisir de me confronter à ses défis. L’école du cerveau gauche ne m’a jamais brimé en quoi que ce soit. S’il y a de quoi, je l’en remercie de s’être contenté de m’apprendre l’essentiel et de m’avoir laissé seul découvrir le reste. Si on m’avait obligé à faire de l’haltérophilie ou à jouer aux échecs, si on m’avait forcé à lire plus que ce qu’on me proposait, si on m’avait forcé à faire des montages électroniques, si on avait occupé tout mon esprit en exigeant des trucs compliqués de moi, en aurait-il resté pour mes besoins à moi, ma créativité à moi? Mon propre processus d’humain, qui peut se passer de la machine éducative… Néanmoins, ce que cette machine m’a donné m’a permis d’aller à la rencontre de très nombreuses réalités fascinantes.

Pour moi, l’école tue la créativité en voulant s’occuper de tout. J’ai appris la créativité en admirant des gens qui l’étaient autour de moi, pas dans un cours de découverte. La vie est une découverte qu’on peut à chaque instant utiliser pour se stimuler.

Ceci dit l’école m’a appris une chose importante : un lien corrélationnel entre deux phénomènes ne montre pas de causalité nécessairement, comme on ne peut pas dire que la présence de pompiers sur le lieu d’un incendie prouve que les pompiers en sont la cause… Bref, il est un peu exagéré de dire que les activités d’art ont des effets positifs sur le développement intellectuel sur la foi d’une étude préliminaire qui concluent : much of their research was of a preliminary nature, yielding several tight correlations but not definitive causal relationships.

Et qui ajoute : Although “there is still a lot of work to be done,” says Dr. Gazzaniga, the consortium’s research so far has clarified the way forward. “We now have further reasons to believe that training in the arts has positive benefits for more general cognitive mechanisms.”

Bref, ces bons chercheurs travaillent sur des hypothèses de recherche et n’en sont qu’au commencement. En passant, en fouillant un peu, aucune de ces recherches ne sont disponibles pour évaluer la méthodologie et les échantillonnages. Comme trop souvent, parions que les études préliminaires ont porté sur un échantillon d’étudiants du premier cycle universitaire. Et donc la pertinence d’application aux enfants en serait douteuse. Autre détail intrigant, sur trois spécialistes qu’on présente en fin d’article, en fouillant, aucun n’avait dans son cv universitaire d’études publiées touchant le domaine des arts : Postner est un spécialiste en attention sélective, Jonides s’intéresse à la mémoire à court terme et Dunbar s’intéresse au développement des hautes habiletés intellectuelles (raisonnement, habiletés scientifiques). Ils ne s’intéressent apparemment aux arts donc que depuis très récemment. Personnellement, je me méfie des œuvres d’organisation qui cherchent des mécènes comme la Dana fondation (The Dana Foundation is a private philanthropic organization with particular interests in neuroscience, immunology, and arts education.)

On a construit l’architecture de la réforme sur des groupes et des études tout aussi douteuses.

En conclusion, même si je ne renierai absolument pas l’importance des arts dans la formation de l’être, je suis tout à fait à l’aise avec la politique et l’analyse d’un Sarcozy qui veut recentrer l’école primaire de la France vers un objectif louable : obtenir que les jeunes y apprennent leur base en langue et en mathématiques, parce qu’une nation a besoin de gens rigoureux pour se développer. Rien n’empêchera les enfants de faire des arts aussi pour se développer. Si on ne profite pas de la marge précieuse d’apprentissage que constitue cet âge pour faire les acquisitions difficiles des bases intellectuelles, le cheminement scolaire est rudement compromis. A quand pour notre propre société, une analyse aussi perspicace.

samedi 15 mars 2008

La France prend le taureau par les cornes et nous... on regarde l'autruche!

Je me suis amusé cet après-midi à regarder un peu ce qui se passe du côté de la France. Je suis tombé sur le discours de Sarcozy du 15 février sur la réforme de l'enseignement au primaire.

En gros, Sarcozy et son ministre de l'Éducation Xavier Darcos constate que l'école primaire est le noeud de la guerre. Un élève qui sort du primaire sans les acquis du primaire est en route pour l'échec. En ce moment, on dit que 15 % en France en sortent avec des difficultés sévères et 25 % avec une réussite légère.

Bref, on va intervenir sur le cadre, l'organisation et le programme. Ainsi, on va garder 2 heures par semaine pour aider les élèves en difficulté en petits groupes, on va aussi recentrer les programmes sur la langue (vocabulaire, lecture, écriture, grammaire dépouillée du charabia moderne) et le calcul. On va remettre en valeur le développement de la mémoire comme outil d'apprentissage.On va aussi réintrodure le cours de morale et réinstaller la figure d'autorité de l'enseignant qui est le transmetteur du savoir. Bref, on remballe la pédagogie centrée sur l'élève, ce que le Président de la République croit absurde. L'élève n'a pas à s'éduquer, n'a pas cette responsabilité, c'est au maître d'école d'encadrer, de prendre en charge l'instruction. On va enfin faire des évaluations sérieuses et évaluer le travail des enseignants sur leur résultat. Ce qu'il y a de frappant, c'est l'implication personnelle du Président. Il se fixe un objectif d'ici 5 ans. Il invite tout le monde à s'impliquer, à se rassembler autour du projet, il veut que tous puissent comprendre ce qu'il veut faire. Il veut écrire des programmes lisibles, dépouillés des jargons techniques inutiles.

Pendant ce temps, nous en éducation, nous avons une ministre qui fait des relations publiques, qu'on ne voit pas souvent, qui n'a pas trop l'air de savoir où elle va. Et le train de la réforme continue d'avancer. Aucun représentant ne vient expliquer à la population, par exemple, les nouveaux programmes de maths qui s'installent. On n' a jamais autant été submergé par des papiers ministériels remplis de jargons insipides en plus d'être incompréhensibles. L'éducation est devenue un gros truc obscur et ésotérique, on peut bien avoir peur que le ciel nous tombe sur la tête! La tête dans neige, on aura l'air d'une belle autruche de Sibérie. Jo, y a des autruches en Sibérie? ! - Non, Livingston, elles ont migré par ici depuis des lustres!

Personne n'évalue sérieusement ce train. Les élèves sortant du primaire montrent des signes inquiétants et personne ne parle trop fort de ce qu'on entend dans les salles d'enseignants... de ce que l'on constate le soir en corrigeant...

La réforme comme moyen d'éponger les coupes budgétaires

Alors, M. Tehami sur le blogue du Raeq a soumis des tableaux pour contrer l'opinion de M. Saint-Germain de la FAE qui croit que la réforme est un moyen commode pour le MELS de couper en Éducation.

Je lui ai fait ce commentaire:


M. Tehami,

Je me demande si les coupes faites dans les années 1990 n’ont pas finalement mené à la réforme pour finalement éponger tous ces manques à gagner. Une baisse de 29,2 à 25,9 % du PIB pour l'éducation de 1992 à1999 doit bien correspondre à quelque chose dans la réalité, non? Si l’on s’en tient à la tendance des années 2000, on ne verra évidemment pas que l’Éducation a été singulièrement amputée dans ses budgets de fonctionnement.

Il est assez remarquable de voir comment les données récentes du MELS sont présentées en fonction d’une logique qui escamote ces coupes faites dans les années 90. Vous ne vous rappelez pas qu’on annonçait en ces années des coupes de plusieurs centaines de millions régulièrement sous l’impératif des déficits 0. L’école a pu continuer de fonctionner un certain temps avec la mise à la pré-retraite massive d’enseignants qui a permis de récupérer dans la masse salariale des enseignants de l’argent pour payer l’épicerie. Mais dès 2000, la réforme et l’intégration des élèves en difficulté, avec une tendance nette à ne plus les évaluer, se sont installées dans nos écoles. Déjà, on notait dans ces années que même ceux qui avaient des cotes avait souvent de la peine à recevoir des services. On utilisait les sommes des EHDAA pour payer aussi l’épicerie.

Bon, en cherchant, on peut trouver des données, qui ne sont jamais simples à comprendre, mais j’ai fini par trouver ce résumé éclairant :

Un document intéressant du gouvernement du Budget 2001-2002 montre l’évolution des budgets des années 1990 (voir le tableau p.163). Grosso modo, on voit que le budget de 1990-1991 d’environ 10 milliards en éducation n’a pas bougé pendant 10 ans, toujours 10 Milliards en 2001. Il y a même eu des baisses significatives au milieu des années 1990. Pendant la même période de temps l’inflation est de 17%, si on en croit le site que vous indiquez où l’on peut la calculer. Bref, le budget pour l’éducation a perdu pendant les années 1990 près de 1/5 de sa valeur. On le sait, on a mis massivement les profs expérimentés avant leur temps à la retraite et on a commencé la politique d’intégration des élèves EHDAA en classe normale. Faut-il rappeler qu’on allouait une subvention doublée en dollars pour des enfants reconnus en difficulté? 15% des jeunes, il me semble, recevait cet argent et on l’utilisait pour des services adaptés quand j’ai commencé à enseigner dans les années 90..

Bref, si on tient compte de la réalité des années 1990, ne peut-on pas être d’accord avec M. Saint-Germain ou, à tout le moins, constater que les États généraux coïncidaient avec un contexte particulièrement incisif de coupes. Puis, la réforme, notamment en intégrant les élèves en EHDAA en classe normale, en n’évaluant plus les élèves, en les dés-étiquetant lors du passage primaire-secondaire des élèves en difficulté, et en reléguant le redoublement (500 millions d’économie par an) à une mesure exceptionnelle, ne vient-elle pas finalement rééquilibrer le manque à gagner des coupes des années 1990.

Mais il y a bien autres choses qu’on a fait aussi pour économiser. Les bacs 4 ans des enseignants a permis de rendre normal pour tout enseignant la prise en charge de plusieurs matières en plus d’endoctriner bien solidement la valeur de la réforme dans la tête des jeunes enseignants.. On alloue plus volontiers des 26 périodes (que 24 auparavant) par cycle à un maximum de profs, avoir 2 niveaux d’enseignement du français à mon école est pratiquement la norme, ce qui permet de sauver des postes ici et là, de la masse salariale ou de baisser sensiblement les ratios, ce qui paraît bien sur le papier, mais se traduit par une augmentation de la tâche des enseignants.

On a alloué de l’argent pour les enfants en difficulté dernièrement, l’école va se payer une orthopédagogue de plus . Vous croyez que ça va changer quelque chose à la réalité difficile que nous vivons des classes régulières au secondaire surchargées d’élèves qui ont des retards scolaires non reconnus. Les manuels-réformes ne tiennent absolument pas compte de cette réalité. Ce matériel constamment servis à la dernière minute depuis des années ne donnent aucune prise à la critique. Si on ajoute que peu d’enseignants du réguliers ont été préparé à recevoir une telle quantité d’élèves en difficulté, on comprendra que beaucoup d’entre eux ressentent un malaise. Je soupçonne qu’on éponge les résultats désastreux qu’obtiennent les jeunes confrontés à ce matériel rédigé pour des surdoués.

Pendant que tout le monde se demande où donner de la tête, personne n’a beaucoup de temps pour confronter réellement le MELS à la réalité de terrain qui devient à mon sens assez surréaliste par moment.

Puisque les enseignants désertent massivement la profession de toutes les façons(burnouts, congés parentaux, abandon de la profession…), on entre dans nos écoles depuis des années des suppléants avec un simple Cégep pour garder les élèves occupés… Encore des économies. Vous pensez qu’on fait redoubler des jeunes non performants quand ils ont eu 4 profs pendant leur année?

Pendant ce temps, on essaie encore de comprendre comment évaluer nos compétences. On m’a balancé un article du MELS sur une compétence qu’on veut que j’évalue. Voilà l’ « in-formation » qu’on m’a donné sur le sujet! Quand je vois comment s’installe les programmes de 2e cycle de maths dans l’improvisation la plus navrante, je suis désolé, je me permets de douter sérieusement de la volonté du MELS d’implanter une vraie réforme de l’enseignement. J’ai l’impression qu’on a intérêt à entretenir la confusion pour escamoter le fait que l’école publique doit coûter moins cher et ceux qui ne sont pas contents ont juste à inscrire leur enfant dans une école privée. La plupart des enseignants considèrent sérieusement cette option pour leur propre enfant… Ce qui permet encore 40% d’économie par pipe.

Vous continuez de croire que M. Saint-Germain fabule?

On a mis mon commentaire en attente de modération... Bref, juste au cas, le voici ici!

lundi 10 mars 2008

Forums ou blogues? Mon bug de blogue...

Retour en classe ce matin!

Bon, ça va aller. En relativisant, on se fait sa raison... J'aurais pris une autre semaine. Mais bon, la vie est ainsi!

Je prends un peu d'énergie pour écrire ce matin. Je ne sais pas combien de temps je pourrais m'en garder pour cela. Notre travail est prenant.

Ce weekend, j'ai réfléchi un moment sur ce nouveau phénomène que sont les blogues. Quand j'ai commencé à évoluer il y a quelques années, j'avais d'abord découvert les forums de discussion. Ils avaient une forme semblable aux blogues, à cette différence près que le rôle d'un maître du jeu qui ouvre la discussion en amenant sa mouture quotidienne que ses visiteurs commentent n'avaient pas une aussi grande importance. Je crois que le blogue est né des sites personnalisés et des journalistes qui invitaient à faire des commmentaires.

En éducation, il existe plusieurs bons sites pour aller lire des échanges forts intéressants où l'on en apprend beaucoup. N'empêche que la structure blogue maintient une espèce de structure hiérarchique incontestable. On ne peut présenter de textes ou d'apports à mettre en discussion sur le blogue d'un autre. Sur le blogue du Raeq, par exemple, l'agenda de discussion est réglé par quelques administrateurs, toujours les mêmes, qui amènent leur matière à débattre. On ne peut intervenir qu'en commantant leurs textes. L'air de rien, cela contrôle franchement l'orientation des discussions.

Bon, selon mon observation, même sur les forums, on s'apperçoit que rapidement certains leaders finissent pas prendre le contrôle des discussions en assurant une présence constante.

L'humain est humain, et animal, je le répète souvent. La hiérarchie dans un groupe est une donnée naturelle et elle tend à se recréer dans toutes les situations de regroupement. Même l'utopie des coopératives et de la démocratie n'y change rien. On ne peut que tempérer l'effet de domination ou les leaderships. Or la parole, chez l'humain, c'est une forme de pouvoir qui permet de révéler la Parole: la voie à suivre ou ce qu'il faut penser. On parle dans les sociétés primitives du bâton de la parole. Le religieux avaient compris cela. Bref, partout où se rencontre les hommes, on cherche à prendre le bâton.

Ceci posé, je reste convaincu qu'un forum en éducation répondrait quand même à un besoin de trouver un lieu neutre ou les paroles pourraient débattre sans a priori et sans l'avantage de la position que crée la structure des blogues pour certains.

Bref, lancer ce genre de lieu me semble une action que j'aimerais entreprendre prochainement...

dimanche 9 mars 2008

Foutu merdier ou défi palpitant?

Je n’ai pas fait grand’chose pour mon enseignement cette semaine. J’Ai bien essayé, mais je n’y suis pas arrivé! Je devais avoir besoin de me reposer et de réfléchir…J’ai passé du temps avec mes gars, je me suis battu et j’ai pas fini avec des tempêtes de neige, j’ai écrit des textes pour essayer de comprendre un peu la mare où s’enlise l’éducation.

J’aurais un livre à écrire. J’aurais bien des recherches à faire pour appuyer mes thèses. En fait, j’aimerais mieux continuer de travailler ce projet intellectuel, à mon sens utile, que d’aller sur le terrain dans les conditions invivables qu’on nous donne pour faire le travail.

Je ne veux pas me plaindre, mais bon avoir deux niveaux en enseignement du français, c’est trop. Dans l’école où je suis, c’est la norme. On économise un prof ici et là en donnant à presque tout le monde des 26 périodes. IL y a une prof de français qui en a 28, je ne sais pas si c’est parce qu’elle est Black, mais c’est elle qui l’a! Elle est bien sympa. Mais elle n’est pas du genre à manifester! Elle a, elle aussi, 2 niveaux : 3 et 4. La plupart des profs n’ont pas d’enfants…

Bon, l’équipe en sec.3 semble plus réaliste, ils ont du meilleur matériel à ce qu’on dit. Ben, moi avec mon 1 et mon 4, pas de mathos bien intelligent. Mon équipe en 4 comporte des vendues à la réforme et à la nouvelle grammaire, qui ont une conception très particulière du travail d’équipe, c’est-à-dire directive. L’équipe est jeune évidemment et en pouvoir par-dessus le marché. Ben oui, les élèves sont bien meilleurs en syntaxe! m’a dit la responsable de français de l’école. Je sais pas moi pour ce que je vois de mes jeunes de sec. 4, pas mal d’entre eux font des fautes énormes. En secondaire 1, plusieurs ne mettent même pas de majuscules et de points. Mais le pire, c’est qu’à part la comparaison avec le langage parlé, les jeunes n’ont aucun système de références internes pour questionner leurs phrases. Ce qui reste de ce qu’on leur a enseigné est trop lacunaire et fragile. En secondaire 4, vu le moment où j’arrive dans l’année, je n’ai pas le temps d’installer quoi que ce soit d’utile. Mes tentatives d’enseigner l’analyse logique sont pratiquement vaines. Et l’impératif de produire un texte argumentatif sous peu prend l’essentiel du temps. Il a fallu montrer longtemps ce que c’est.

En sec.1, ben, ben fines les filles, mais ce sont elles qui ont donné un 10 pages à lire en évaluation. Bref, on ne partage pas les mêmes vues. Elles appliquent et finalement constatent le désastre pour l’éponger en partie, comme c’est la manière de faire de nos jours. J’ai comme un bug dans cette approche. C’est à mon sens la dérive des 30 dernières années : monter sans cesse les exigences au niveau cognitif en réponse à la sous-performance des jeunes selon la bonne vieille conception : si on exige plus, ils donneront plus. Cependant, on éponge les mauvais résultats, ce qui biaise toute l’affaire. On voit où mène cette approche : à certains résultats navrants…

Exigeons bien oui, mais ce qui est à leur portée : des apprentissages de base. Systématisons une didactique de la phrase. Une maîtrise de la grammaire de base. L’orthographe. Pour la composition, allons-y dans le simple au début (les classiques : raconte ce que tu as fait pendant tes vacances, etc.) et peut-être qu’à la fin du secondaire, on pourra les lancer sur des productions plus organisées, mais ils partiront avec une base solide. Là, on ré-enseigne sujet amené, posé, divisé et les jeunes te disent qu’ils ont vu ça, mais ils ne le maîtrisent pas plus… comme le reste d’ailleurs…

En sec. 1, j’ai décidé de faire bande à part. Jusqu’à maintenant, on me laisse tranquille. J’ai l’air de me débrouiller avec un groupe assez difficile. Et de fait, la relation commence à être bonne. J’enseigne de l’analyse grammaticale, je veux travailler la conjugaison, je fais faire de petits textes, je fabrique des questionnaires avec des questions de repérage pour les lectures. Je crois que je vais stimuler la lecture de bandes dessinées. Au moins, ils vont tous un peu lire…

Bref, je suis un peu morose à la veille de reprendre le boulot. La fin d’étape de mi-avril risque d’être difficile à atteindre en un morceau avec une production écrite en formatif (bon, évalué vite tout de même), une en sommatif à corriger à fond, puis une compréhension de texte à corriger et un bulletin à produire. Tout cela en continuant d’animer le parquet. Je ne parlais que de mes groupes de sec.4. J’ai un groupe pour un super orthopédagogue en sec.1 à aussi soutenir et évaluer…

Et je vais avoir 40 ans le dernier jour pour entrer les notes. Beau cadeau!
Je vieillis bref et depuis mon burnout d’il y a dix ans, ma marge énergétique est limitée et je dois la gérer avec attention et respect. J’ai beaucoup de mal à le faire dans ces conditions extrêmes.

J’en viens à souhaiter que la prof que je remplace revienne en fin mars, moment où sa prescription médicale de repos sera réévaluée.

Bon faut me ressaisir!

Faut voir le truc comme une ballade reposante dans la nature. Non, c'est con! Comme un défi palpitant pour le superprof que je suis... Guère mieux mais l’image des galères me rend dépressif!